Quelle place reste-t-il à l’individu quand l’identité devient un bien parmi d’autres, qu’on peut rêver d’acquérir, mais dont on peut aussi se défaire ?
Artiste-plasticien, vous gonflez la valeur de votre profil et vendez votre titre d’identité pour vous retirer au milieu du désert. Votre refuge biogénique devrait vous garantir une vie de détitré sans souffrance.
Écrivain de seconde zone, vous avez délaissé vos personnages pour créer et écouler des identités contrefaites sur le marché noir. Vous investissez vos gains dans un titre d’identité bas de gamme, mais authentique. Une occasion parfaite pour changer de vie.
Corps révolutionnaire, vous êtes des milliers qui agissez comme un seul être. Votre identité collective se forge dans votre quartier général, où vous devenez une redoutable Géante guerrière. Vous êtes Sébastien Souchon, Lubomir Hodžić et Gaëlle Rivière. Dire que vous n’avez aucun lien serait faux. Soumis·e aux tensions intimes et politiques que votre société impose, vous vous débattez avec les frontières mouvantes de votre individualité, entre survie, banalité du quotidien et relents de ce que vous serez toujours.
LES DÉTITRÉ·E·S, c’est le nom d'un collectif imaginaire composé d’artistes, d’écrivain·e·s et de chercheur·euse·s. Le collectif vit et travaille dans un lieu à l’emplacement tenu secret, nommé le Fongistère. C’est dans le Fongistère que le collectif fabrique une fiction multimédia, dont ce premier roman est issu ainsi que l'ensemble des contreparties.
LES DÉTITRÉ·E·S est aussi le titre que le collectif a donné à son premier roman d'anticipation. Le récit nous plonge dans une société ultralibérale qui repose sur la financiarisation des titres d'identité.
écouter le podcast Tempo de l'art, avec Sébastien Souchon